lundi 26 octobre 2009

Le « blue/green screen »

Oui, on en fait depuis longtemps. Mais ça ne veut pas dire que c’est devenu bêtement facile.

Si vous avez besoin de conseils, consultez d’abord ceux qui vont combiner les différentes couches et en faire un produit fini qui doit être crédible. Eux, ils connaissent vraiment ça. Tout le monde sur un plateau a une opinion sur ce sujet. Ils en ont tourné tellement! (Mais ils ne sont généralement pas là pour discuter les résultats en post…)

Le format de capture de l’image est très important. En film, évitez si possible les pellicules trop rapides (500ASA). Le grain est problématique pour les fins détails (cheveux, etc.). Le format 16mm n’est pas recommandé entre autres à cause de la grosseur du grain. Les caméras numériques ne sont pas toutes nées égales : Red, Viper, D21, F900, F23, F35, …, la liste est longue et continue de s’allonger. Ce qu’il faut retenir est que plus le format est compressé, moins il enregistre d’information en résolution et couleur. Et justement, pour une bonne incrustation sur fond bleu ou vert, on a besoin d’un maximum de résolution et d’un maximum de détails dans les couleurs.

Pour faire en sorte qu’un plan tourné sur fond vert ou bleu fonctionne, il faut s’assurer d’avoir rempli une série de conditions, avoir pris une série de bonnes décisions. Je ne vais pas essayer de donner une recette universelle puisque chaque cas est à analyser. Voici tout de même quelques grandes lignes directrices.

-Le fond de couleur devrait être le plus loin possible de l’avant-plan. Une vingtaine de pieds (disons 7 mètres) devrait être un minimum.

-Le choix de la couleur de fond est important. Il faudra le discuter selon les circonstances, entre autres le type d’avant-plan. Quand c’est possible, j’ai tendance à suggérer le vert parce que, peu importe le type de caméra, le canal de vert est plus net que celui du bleu. Il faut utiliser des fonds de couleur spécialisés : « Chroma », « Ultimatte » ou « Digital », ces fonds sont conçus pour réfléchir de spécifiques (étroites) longueurs d’ondes. J’ai une préférence pour le « Digital ». Il faut évidemment que le fond soit uniforme (sans plis sombre ou taches inégales), qu’il soit éclairé de façon égale et proprement exposé.

-On essaie de tourner la couche la moins contrôlable d’abord pour pouvoir au besoin ajuster la seconde couche. C’est fou, mais ça marche mieux. Tourner le fond vert/bleu sans savoir ce que sera le fond incrusté au final n’est pas une bonne idée. Pour que ce soit crédible il faut que ce soit planifié. Peu importe la qualité de l’intégration, si les 2 couches ne raccordent pas, ça ne fonctionnera pas.

-L’avant-plan et l’arrière-plan doivent partager un même scénario d’éclairage. C’est souvent là que ça blesse… Angle et position de la lumière sont critiques. De même pour toutes les autres qualités de la lumière: si vous tournez votre personnage en studio pour éviter de le filmer sur la banquise, il faut tout de même qu’il soit éclairé comme s’il était sur la banquise… Je choisi cet exemple à dessein : il est très difficile de reproduire l’éclairage du soleil en studio. La source unique qu'est le soleil et l'environnement qui réfléchi à plein sont difficile à reproduire à la perfection.

-L’avant-plan et l’arrière-plan doivent également partager les mêmes propriétés optiques : longueur focale et profondeur de champ, position de la caméra, etc. On a un peu de marge de manœuvre pour ajuster au final mais pas tant que ça.

-Arrivé en post-production, il faut éviter de manipuler les images avant de les envoyer au compositing. Réduction du bruit, stabilisation, reformatage, étalonnage, toutes ces étapes peuvent altérer l’image et rendre l’incrustation difficile et les résultats douteux.

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